20/12/2004

Fayats in Tunisia... Suite !

Vous allez enfin connaître la fin de nos aventures en Tunisie ! Ou comment on écrase les mobylettes ! Si Eric a réalisé son rêve de Tunisienne etc, etc…
Il ne faut pas se faire d’illusions, conduire en Tunisie est un autre sport. A se demander comment le trio Eric - Colin Mc Rae – Lapin n’a rien écrasé !? Car ce n’était pas eux qui conduisaient dans le rond-point de Sahline lorsqu’une mobylette, plein tube, arrive par l’intérieur pour s’écraser sur l’aile avant de notre Clio berline. Bang… la fourche est pliée en 8… Bang… Le gars se mange le capot, les jambes en l’air, il retombe… Bang… les freins, on arrête la caisse. Le mec se relève, on sort de la voiture, le rond-point se remplit de monde. Le flic débarque, attrape le gars : « ça va !? » Il répond que oui. Le flic regarde Nafaa : « Ok, toi tu remonte dans ta voiture et tu t’arraches ! » Le gars ramasse sa mob et se casse aussi. Le tout, moins d’une minute top chrono ! Tout de même, on a tous eu de la chance !
On en est à la moitié du séjour, Eric et Lapin n’ont encore repéré aucun jupon de plus de 18 ans. David s’impatiente un peu et dans une rue de la médina de Sousse lance cette question terrifiante « Mais où sont les pouffes ? » et d’un front de commerce, on entend : « Ici mon ami, des pouffes à dix dinars ! » Sorry l’ami mais ce n’est pas ce genre de modèle qu’il recherche mais cela nous a bien fait rire.
Nos culs commencent à s’échauffer mais les épanchements ne sont pas encore là. Mais Tof tente le diable. Le barbare est le seul qui, en rentrant à trois heures du matin, termine les piments du couscous.
Quand on est touriste, l’autre sport auquel il faut s’adonner, c’est le marchandage au souk. Première règle, si tu n’as pas l’intention d’acheter, tu ne t’arrêtes pas ! Tu ne fais pas de lèche-vitrine devant les échoppes ! Tu ne te laisses pas attraper pas le marouf qui veut te serrer la main et te montrer ses merveilleux produits. Parce que si tu fais ça, le commerçant, il a déjà tes dinars dans sa poche. La deuxième chose qu’il faut savoir, c’est que peu importe le prix final, le gars, il va se faire du bénéfice. Donc, le but est de faire descendre le prix le plus proche possible de ce qui te semble raisonnable et de ce que tu es prêt à débourser. Mais ça, cela peut prendre une demi-heure ! Même pour une petite merde de chameau en pluche. Exemple : Les cendriers ! Vendus, prix affichés, deux dinars dans la médina. Je repère un modèle qui me plaît, un peu plus grand et décide d’en acheter deux. Combien !? 35 dinars/pièce. Le décor est planté. 1euro ½ d’un côté, plus de 25 de l’autre.
- « Non, c’est beaucoup trop cher pour moi ! »
- « Bon, tu t’énerves pas ! C’est quoi ton prix le plus bas ? »
- « Moi, je donne 5 dinars pour les deux, pas plus ! »
Là, je suis déjà au prix officiel, donc j’oublie l’idée de faire une « super okaz ». Et le gars commence son cinéma. Il fait la gueule, il prend l’air désespéré comme si je le saignais à blanc. Mon but, là, est de rester dans ma fourchette de prix. Surtout ne pas la revoir à la hausse attendri par ses arguments :
- « Oui, mais tu te rends compte, c’est de la qualité ! C’est fait à la main ! »
Faut imaginer la scène, on s’est assis à une table pour discuter. Les cendriers sont déjà emballés, dans un sac plastique posé devant nous. Le mec sait que je vais repartir avec. Moi aussi d’ailleurs. Il n’y a que le prix que l’on ne connaît pas.
- « 60 dinars, les deux. Tu ne trouveras pas moins cher ! »
- « Non ! Tu comprends, je suis étudiant, je n’ai pas beaucoup d’argent. Je ne peux pas mettre plus que 5 pour les deux. »
- « Bon, 50 dinars et un paquet de cigarettes »
- « Non, ce n’est pas possible. En plus, je ne fume pas ! »
Bref, après vingt minutes, je lui serre la main, j’emporte mes cendriers pour dix dinars les deux. Je l’ai payé plus cher mais pas trop cher et le gars m’adresse un sourire heureux. Rien à voir avec le cinéma qu’il faisait, il y a encore dix minutes. On plaisante un peu, on salue. Il me fait son imitation de Rambo. Un sacré spectacle, d’autant qu’il s’était cassé la figure et le bras en scooter, la semaine précédente. Que des broches de vingt centimètres lui sortent de l’épaule et de l’humérus. Pas glorieux le justicier du monde. Mais je crois que l’on a tous les deux passé un bon moment lors de cette négociation. En fin de compte, c’est son boulot de tirer du fric aux touristes crédules. Maintenant, je ne sais pas si ce jeu ne se transformerait pas en guerre, en plein été, sous un soleil de 40 degrés et si les shorts – sandales étaient un millier de plus.

12:48 Écrit par Fr.... | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.