30/11/2004

Nos premières visites de la Tunisie

L’Aïd se termine ! La plupart des commerces réouvrent. Du jour au lendemain, la vie dans les rues s’intensifie. Les taxiphones, les petits restos, les épiciers, les étals sont couvertes de fruit, de bananes, de pommes et d’agrumes. Les bouchers sortent les entrailles, les têtes de vache pour attester de la fraîcheur de la viande. Sur leurs échoppes, on voit des têtes de moutons grillées. La circulation est plus dense. Les mobilettes roulent sans se soucier des voitures ou des passant. Des dizaines de lycéens traversent le quartier où nous logeons. Et à moins de deux kilomètres dans chaque direction, se dresse une mosquée surplombée de son minaret. Périodiquement dans la journée, nous entendrons l’appel de la prière résonner dans la ville. Les femmes portent une grande pièce de soie beige, savamment nouée à la taille de telle sorte qu’elle leur sert de manteau et de foulard en même temps.
Nous commençons à sillonner le pays. Une première visite à El Jem en traversant la Tunisie profonde : Moknine connue car on y mange du chien (on a pas testé !), Ksar Hallel, la ville où démarrent toutes les révolutions. Les routes qui ont beau être asphaltées, sont couvertes de terre et de sable. Par endroits, je serais bien incapable de dire si ce sont de véritables routes ou de la piste. Mais côté dépaysement, ça le fait ! Sur le bas-côté, on croise des dromadaires, un troupeau de moutons et son berger, des boutiques vendant du fanta et on ne sait pas très bien quoi d’autres. On dépasse une charrette, quelques planches assemblées sur un essieu de camionnette, le tout tiré par un âne. Une 404 tellement chargée que le châssis n’a plus l’air très droit. On voit cet homme, ridé, les yeux plissés et assis sur une chaise devant sa maison. Appuyé sur un bâton, il observe, n’attend probablement pas grand-chose si ce n’est que la journée avance. A l’instar de la route, son vieux veston de tweed se couvre de poussière. Autour du cou, un large foulard lui protège le bas du visage, des rafales de sable.Même en entrant de 50 km dans les terres, nous sommes bien loin des montagnes de fin d’Atlas. L’horizon est vaste devant nous. Ce n’est pas non plus le désert. Les oliviers sont partout, les cactus poussent comme si rien ne pouvait les déloger. Et les palmiers soigneusement plantés le long des routes.
Nous sommes au mois de novembre et la journée, les 25 degrés rendent suffisant un t-shirt ou un léger pull. Par contre, la nuit est fraîche et tombe vers 17h30 – 18h et un manteau est nécessaire. Les touristes sont rares et les hôtels bien vides en cette saison. On ne trouve dans les discothèques que quelques mamies dodelinant sur les banquettes et frappant dans leurs mains. Pendant que leurs petites-filles chauffées à blanc par un danseur-animateur star academiesque s’agitent et secouent les bras sur une piste de trois mètres sur trois.

17:00 Écrit par Fr.... | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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